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Le Silicium et votre Santé, par le Dr Joris Vidé

Posté le 14 Juin 2016
Silicium - Docteur Joris - bienfaits

Le Silicium : un élément biologique important

 

Le silicium (Si) est l’élément le plus important de l’écorce terrestre après l’oxygène. Il a d’abord été connu pour un grand nombre de ses propriétés physiques et chimiques, comme par exemple, son pouvoir de semi-conducteur qui est utilisé dans diverses applications scientifiques et techniques.

Les caractéristiques du silicium, ainsi que la complexité structurelle de ses composés, ont attiré l’attention des chercheurs ces dernières années. Le dioxyde de silice ou silice (SiO2) (composant par exemple le sable), en particulier, est le composé chimique le plus étudié après l’eau. C’est également la substance inorganique la plus répandue qui contient du silicium. En fait, la silice est la forme anhydre de l’acide orthosilicique (Si(OH)4), lequel est soluble dans l’eau et stable dans les solutions aqueuses fortement diluées. La majorité de la silice présente dans les milieux aqueux et les océans est disponible sous forme d’acide orthosilicique, ce qui en fait un composé important en chimie et biologie.

 

La privation de silicium n’induit pas une interruption dans le cycle de la vie chez les mammifères. De plus, on ne lui connaît pas une fonction biochimique définie. De ce fait, le silicium n’est généralement pas accepté comme un élément essentiel pour l’Homme. En effet, on n’a pas identifié une seule molécule organique biologique qui contienne ou nécessite du silicium. A l’heure actuelle, aucune liaison Si-O-C ou Si-C n’est connue dans la nature pour nous aider à expliquer la myriade de recherches qui vise à décrire le caractère essentiel du silicium.

 

Or, depuis ces quarante dernières années, des rapports sur les effets bénéfiques du silicium ont été établis, notamment sur les tissus conjonctifs et la formation osseuse chez les animaux supérieurs et l’homme. En raison de sa très faible biodisponibilité pour l’organisme humain, son impact sur le processus métabolique n’est que partiellement connu et mal compris.

 

Le silicium à l’état pur est rare. On le trouve généralement sous différentes formes qui sont réparties en trois familles : minéral à l’état solide, minéral à l’état liquide et organique.

L’acide orthosilicique, Si(OH)4, est la forme soluble de la silice. C’est la forme quasi exclusive du transport du silicium dans le milieu naturel que l’on retrouve dans certaines plantes. Cette forme représente la meilleure biodisponibilité pour l’organisme bien qu’elle soit sous une forme minérale. Cependant, sa biodisponibilité reste relativement faible. Certaines plantes sont riches en silicium telles que la prêle, l’ortie ou le bambou. Dans la plante, le silicium a de multiples fonctions : structure, croissance et protection. Il joue un rôle important dans la prévention des stress biotiques et abiotiques.

 

Afin d’être considérée comme une molécule organique, celle-ci doit contenir au moins un atome de carbone dans sa structure, ce qui la rend hautement assimilable pour l’organisme. Or, à l’état naturel, il n’existe qu’en très faible quantité du silicium organique que l’on suppose produit par les diatomées (micro-algues présentes dans tous les milieux aqueux).

 

En raison du manque de données, de sa faible biodisponibilité et de son assimilation variable, il est difficile de fixer un apport journalier recommandé pour le silicium. De plus, très peu d’informations sur la consommation alimentaire de silicium chez l’homme sont disponibles.

Ainsi, en se basant sur toutes les données issues des différents travaux de recherche sur la consommation du silicium, l’EFSA (European Food Safety Authority) a estimé une recommandation journalière de silicium comprise entre 20 et 50 mg / jour pour un homme. De plus, il semblerait que le corps ait besoin de 9 à 14 mg de silicium quotidiennement pour assurer son bon fonctionnement.

 

Généralement, le silicium est présent en abondance dans les aliments dérivés des végétaux. On retrouve essentiellement le silicium dans les grains (riz, orge, avoine, blé), les produits céréaliers (céréales, pain, pâtes), les légumes-racines (carottes, betteraves, radis, oignons, pomme de terre), les haricots, les fruits (surtout la banane) ainsi que des fruits secs (raisins) et les noix. En revanche, les niveaux de silicium sont beaucoup plus faibles dans les aliments d’origine animale, tels la viande et les produits laitiers. Le silicium est hautement disponible dans les eaux de boissons et sa concentration dépend de l’environnement géologique où celles-ci ont été récoltées. La bière et le vin sont également des sources alimentaires riches en silicium, contenant des quantités élevées d’acide orthosilicique, la forme biodisponible du silicium. Des infusions de plantes contenant du silicium (Prêle, Ortie, etc.) peuvent supplémenter un déficit alimentaire de cet élément, ainsi qu’atténuer les symptômes de certaines maladies.

Les nombreuses études cinétiques sur l’absorption et l’élimination du silicium ont permis de le localiser dans l’organisme humain.

 

En effet, une partie du silicium absorbé est transférée jusqu’aux tissus puisqu’on le retrouve présent dans toutes les structures organiques, y compris le cerveau.

Les plus grandes concentrations en silicium ont été retrouvées dans les tissus conjonctifs, notamment dans l’aorte, la trachée, les os, la peau et les tendons. En outre, à de plus faibles taux, le silicium est également retrouvé dans le foie, le cœur, les muscles et les poumons.

Tous les tissus contiennent du silicium en grande quantité quand ils sont sains, mais leur volume diminue avec l’âge. En conséquence, au cours des années, ils subissent une dégradation progressive.

 

En raison de sa faible biodisponibilité, le rôle du silicium dans la biologie humaine est encore mal compris. Toutefois, les études présentées dans cette partie peuvent suggérer une influence bénéfique de ce dernier sur l’organisme humain lors de certaines pathologies, comme l’athérosclérose, l’ostéoporose et les maladies cognitives. Le silicium peut également réduire les effets négatifs de certains processus dus au vieillissement. Il est très important pour la régénération des tissus, l’activation de processus vitaux pour les cellules et l’amélioration de l’immunité générale de l’organisme.

Par conséquent, de plus amples études sur la biologie du silicium, sa biochimie, son homéostasie, ses interactions avec des éléments minéraux essentiels ainsi que d’autres molécules biologiques importantes, sont nécessaires.

 

Joris Vidé

Docteur en Nutrition - Santé